samedi 6 septembre 2014

Aider votre enfant à aimer apprendre

On n'empêchera pas la pression sociale d'influer sur nos enfants, mais malgré tout, un enfant bien dans sa peau la recevra avec plus de zénitude et de philosophie (si, si !).
Comment l'aider, alors, à prendre du recul, à s'estimer, à avoir confiance en lui.

Voici quelques petites pistes de réflexion autour de cette notion d'estime de soi qui, finalement, est fondamentale pour les apprentissages.



  • Pas de surenchère de compliments, votre enfant n'est pas dupe. D'ailleurs, le compliment, s'il est important, n'est pas forcément la bonne réponse :
- Maman, regarde mon dessin !
- Ouaaah ! Il est drôlement beau,
dis-je sans cesser de laver ma vaisselle, ou, pire, de traîner sur Facebook ;-)...
Mieux vaut utiliser l'encouragement. Prendre quelques instants pour s'intéresser, poser des questions :
- Qu'as-tu voulu dessiner ? Comment as-tu réussi cette belle couleur ? Comment t'y prends-tu pour dessiner ces petits personnages ? Où as-tu observé des coccinelles pour avoir su les reproduire comme ça ? J'aime bien ta façon de dessiner les oiseaux. Tiens, moi, je ne vois pas les marguerites comme ça, mais ta façon est plus originale, etc...

Là, vous vous investissez dans son travail, tout en lui laissant la main, en le questionnant, lui demandant de justifier ses choix (sans les juger, positivement ou négativement), vous favorisez son autonomie et sa confiance, etc.

  • Réhabilitez le droit à l'erreur
Tout le monde a le droit à l'erreur et en use tous les jours et dans tous les domaines. Pourquoi donc en priver (voire punir) les enfants ?


Le rôle du parent (et de l'enseignant) et de considérer l'erreur positivement, parce que la vérité découle d'une "erreur rectifiée".
L’erreur n’est reconnaissable qu’après coup. Elle doit donc être considérée comme un élément du processus d'apprentissage, car elle nous renvoie une information dont il faut démêler les composantes pour (re)construire la réponse.

Il est important pour que l'enfant accepte de se tromper (et donc fasse là un acte d'apprentissage). Un des outils de cet apprentissage est, par exemple, le cahier d'essais. En classe, mais aussi à la maison : Oui, on a le droit, sur ce cahier, de gribouiller, de barrer, de recommencer, de dessiner un petit zibouiboui pendant sa réflexion.
Car la "bonne" réponse (c'est à dire la réponse attendue) ne tombe pas toujours toute seule.
Et tant mieux ! Pouvoir dans son cahier d'essais constater les démarches mises en oeuvre pour aboutir est extrêmement riche et formateur !
Comme le tube à essais des scientifiques ;-)


Quelles questions (à formuler selon l'âge de l'enfant) pouvez-vous poser à votre enfant pour l'aider à comprendre et manipuler ses erreurs ?
- Quelle est ta tâche ?
- Comment peux-tu savoir si tu l'as réussie ?
- Quel problème dois-tu résoudre pour accomplir cette tâche ?
- Où peux-tu trouver les connaissances nécessaires pour la réussir ?


  • Valorisez ce qu'il réussit (travail, mais aussi comportement), aidez-le à avoir un avis positif sur son propre travail
De l'estime de soi découle la confiance en soi.
En manquer engendre stress, douleur, agressivité, voire échec scolaire.
Un enfant qui a confiance en lui a tout d'abord une bonne estime de lui-même, sachant qu'il parvient avec succès à réussir ce qu'il entreprend.

- J'ai vu les efforts que tu as faits pour apprendre ta leçon, je te félicite pour ta ténacité. Peut-être n'as tu pas bien su en tirer les mots-clés ou les passages importants qui t'auraient permis de réussir ton évaluation. Comment faire pour...
Ce qui est toujours mieux que :
- T'es nul, t'as - encore - raté ton contrôle !
Ou bien :
- Tu as aidé ton frère à ranger sa chambre, c'est vraiment chouette !
Ou encore :
- Pour l'instant, tu ne parviens pas à lire de manière fluide, mais c'est une question de temps. Tiens, j'ai remarqué que tu comptais drôlement vite jusqu'à 30 ! Comment tu fais ?
- Rappelle-toi comme tu dessines bien, comme tu cours vite, comme tu écris de bien jolis poèmes etc...

- Ta note prouve que tu as progressé par rapport à la dernière fois.
- Ta note en maths n'a pas progressé par rapport à la dernière fois, peut-être, mais c'est parce que c'est une nouvelle notion...

ou
- Que ressens-tu quand tu t'aperçois que tu connais la réponse ? Que tu te souviens de ta leçon ? Que tu découvres et corriges une erreur ?
  • Rendez votre enfant curieux
La notion de curiosité (d'où découle la motivation) est universelle. Si un enfant n'est pas curieux à la maison, il ne le sera probablement pas à l'école non plus.
Les apprentissages scolaires et la vie quotidienne sont intimement liés !
Les passerelles entre les deux vont aider votre enfant à mettre du sens sur des savoirs qui peuvent lui paraître saucissonnés.
Cuisiner (permet d'approcher les mesures, même chez les tout petits), écouter un conte, une histoire (fait aimer les mots et favorise le langage, donc l'apprentissage de la lecture), aller au musée (permet d'approcher la notion de temps et d'espace, ouvre l'esprit...), se promener en forêt (pour découvrir la complexité de la vie, la nature, développer son sens de l'observation...) sont autant d'activités cadrées par l'univers familial et familier rassurant qui développent la curiosité et stimulent les émotions positives.
De là à ce que votre enfant souhaite (inconsciemment) retrouver ces émotions et ce plaisir dans tout processus d'apprentissage (et donc scolaire), il n'y a qu'un pas !

La passivité et la démotivation vont de paire. Comment demander à un enfant d'être motivé s'il est passif ? Rendons nos enfants actifs et acteurs de leurs propres apprentissages !


Voilà donc quelques pistes pour donner à nos enfants l'envie d'apprendre, même les notions pas toujours - apparemment - amusantes (oui, je connais des enfants qui aiment la grammaire, ou faire des problèmes de maths ;-))
Si vous en avez d'autres, je les lirai avec grand plaisir !

Sophie, maman et enseignante


3 commentaires:

  1. Un super livre, plutot dédié à l'équitation mais on peut faire le parallèle facilement. Mettre l'enfant en situation d'apprentissage c'est le mettre face à des échecs dont il est capable de se relever tout seul. Le plus dur est d'estimer "l'amplitude de l'erreur". Si la tâche demandée à l'enfant est trop difficile alors il se trouve démotivé et face à l'échec perd patience et laisse tomber. Si la tâche se révele trop facile, l'enfant n'apprend rien et ne comprend le rapport reussite/effort.
    le livre http://www.amazon.fr/Enseigner-lequitation-Jean-Luc-Force/dp/2702505104 Une découverte, notamment sur le cycle de l'apprentissage moteur de l'enfant. Se lit très facilement.
    Soho

    RépondreSupprimer
  2. Les apprentissages scolaires et la vie quotidienne sont intimement liés ! -> Merci Sophie, je suis entièrement d'accord.
    De là à ce que votre enfant souhaite (inconsciemment) retrouver ces émotions et ce plaisir dans tout processus d'apprentissage (et donc scolaire), il n'y a qu'un pas ! -> Je le constate chez moi continuellement .. dans tout ce que nous pouvons faire. parfois même on en rit car les amalgames vont vite quand l'enfant est en soif d'apprendre. L'addition (avec retenue sinon c'est pas drôle) posée a été découverte début CP parce qu'un enfant à l'école a posé la question : "comment on fait pour additionné des nombres ? (il venait de voir l'addition de chiffres)" la maitresse a alors montré l'exemple au tableau d'une addition posée, sans jamais leur en demander ou en faire sur leur propre cahier. J'ai moi même eu le droit au cours à la maison par ma fille de CP (évidemment, j'ai ri) puis elle voulait tout additionner (les aliments dans les recettes, les carottes avec les patates, .. ) avec un petit bout de papier. La maitresse voyant que cela intéressait les enfants, propose des points bonus sur une évaluation (en janvier-février) et bingo, ma fille revient, sans avoir retenue sa note mais très fière de me montrer qu'elle avait fait une addition. La notion a été acquise, sans jamais avoir fait de cours ni à l'école, ni à la maison ... nous sommes début CE1 et que demande t-elle ? "et les soustractions ?". Nous regardons donc depuis quelques jours à calculer l'age de quelqu'un avec la soustraction posée avec retenue, évidemment sinon ce n'est pas drôle. (bon ça lui évitera de demander aussi si j'ai connu l'année 2001)

    RépondreSupprimer